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Je prépare le voyage. Internet permet de trouver tout ce qu’il faut : l’avion bon marché, les cours de langue en ligne, la musique et les films. Tout ce qu’il faut pour que l’odeur de l’olivier sous la chaleur me parvienne sans difficulté. Cliquer au hasard sur toute écriture portant vaguelette : c’est un signe du pays, foncer.
Je prépare le voyage “mais”. Je n’irai probablement jamais. Liste des “mais”. Même pas assez longue, simple post-it avec un seul mot, un seul qui retient tout et pousse de l’autre côté de l’océan. [Fam.]
Je prépare le voyage et me questionne : à quoi bon ? Que trouver sur place si ce n’est un pays tellement imaginé que je n’ai plus de place mentalement pour le voir réellement ? Et où s’établir pour que les prochains ne se cherchent pas. [.ille]
Et pourtant : description : “je suis de là”. Pas mes parents, pas mes origines, je, je suis de là, je viens de là, je ne connais rien de là mais j’en suis. Et n’y pense jamais qu’en librairie, quand aucun rayon ne porte son nom, indignée, peine.
Avant d’y arriver, je saurais tout : l’histoire, mouvementée, agitée, stable dans ses redressements continuels (phénix). La géopolitique contemporaine, de 1943 à nos jours. Les débats autour de la langue, classique ou usuelle, le sens de la première et son éloignement des locuteurs, son intérêt alors.
Malgré tout : je suis d’ici — sans conteste, personne ne m’associe à aucun autre endroit du globe. Je n’ai aucune identité physique, il faut que j’en parle pour que ça se sache : et parfois je ne dis rien. Pour cela : “Connecte-toi avec tes racines”. Ce ne sont pas mes racines, c’est moi. Je suis déjà connectée.
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