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L’hymne
Souvenir de ce soir de juillet 2009 où ai écouté chœur de Polytechnique chanter la Marseillaise trois fois à la suite (avant d’enchaîner sur Schubert). Et cette larme — l’émotion. Ce que les hymnes me font ressentir, je ne le comprends pas : théoriquement je suis opposée au nationalisme et à tout ce qui l’attise, comme le patriotisme. Mais pourtant, en musique… Même si on ne comprend pas tout.
Finalement, signe de l’identité, d’un chez-soi (délaissé, géographiquement ou moralement). Et peut-on vraiment renier un signe de l’identité ?
Alors l’émotion quand j’écoute un hymne. Et le silence. Quand j’étais jeune j’avais un certain dédain pour le 14-Juillet. Finalement : rendez-vous annuel, mais fictif : aucun sens. Beaucoup plus de sens quand dans la playlist shuffle tombe l’hymne et que les ressortissants s’immobilisent, main sur le cœur : pendant deux minutes, il n’y a rien que cette fidélité au drapeau, même (surtout ?) loin.
L’hymne seul ne signifie rien. Les habitants d’un pays, jour après jour, rédigent ce qui dirige le pays, racisme, accueil de l’autre, chevalerie, etc. Mais l’hymne chanté, contexte solennel… Frissons. Les chants religieux ont meilleure presse ; peut-être parce qu’ils sont plus lointains, moins connotés, athéisés, on peut aimer des messes entières si c’est Haendel. Chanter la Marseillaise au hasard dans la rue peut être mal pris. On ne choisit pas d’où naîtra l’émotion.
L’hymne.
Rythme et force des paroles. Il n’y a que ça pour m’attendrir musicalement. Je suis fidèle à toutes les patries.
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